acceuil
abonnements
changement d'adresse
extra
nous joindre
publicité
qui sommes-nous
english

LE PROBLÈME

Un ultra-performant qui se retrouve perdant…

On peut écouter ses employés, sans être nécessairement à l’écoute… On peut communiquer le plan de croissance que l’on a concocté pour l’entreprise sans avoir compris leurs préoccupations et leurs appréhensions. Si ces derniers n’ont pas participé suffisamment à l’élaboration du plan, son implantation sera ardue. Plutôt que de mobiliser, le nouveau gestionnaire démobilise. Portrait d’un directeur général de PME, embauché il y a un an, et dont la lune de miel s’est terminée abruptement, par une crise de confiance.

Il y a environ un an, le pdg de cette entreprise de services a embauché un directeur général : un visionnaire qui a fait ses preuves. Ce nouveau cadre a reçu du président le mandat de donner un nouvel envol à l’organisation. Cette dernière se porte bien mais la concurrence leur fait de plus en plus la vie dure. Leur recette de succès, gagnante jusqu’à aujourd’hui, doit être révisée car la croissance est au ralenti.

Le nouveau directeur général est reconnu comme un génie de la stratégie. Son mandat : revoir la stratégie d’affaires de l’entreprise et son positionnement.

Après quelques mois d’intégration au sein de l’organisation, le gestionnaire présente un plan magistral que le président approuve. Le directeur général prend bien soin de dire au président que les changements qu’il compte apporter seront majeurs et exigeront de tous des efforts additionnels. Il est persuadé que son plan d’action réussira.

Le pdg lui donne carte blanche. Les autres gestionnaires décodent rapidement que le nouveau directeur général est véritablement « l’homme du président », sa nouvelle coqueluche !

Un sauveur mal-aimé

Comme il est le concepteur de cette stratégie, le nouveau directeur général se sent hautement responsable de livrer ce qu’on attend de lui. Il prend tout en mains afin de s’assurer que rien ne lui échappe. Il sait tout, veut tout savoir, et voit à tout.

Au bout d’un an, le directeur général a travaillé pratiquement jour et nuit avec son équipe de gestionnaires pour pouvoir démontrer rapidement les bénéfices du plan stratégique qu’il a proposé. Toutefois, le directeur général n’avait pas planifié le congé de l’un de ses cadres pour « épuisement professionnel ».

Le responsable des ressources humaines se risque à mentionner au pdg quelques faits. Ainsi, les autres membres de l’équipe de gestion se plaignent de la surcharge de travail occasionnée par les multiples demandes du nouveau directeur général. Il affirme également que les employés de son équipe ne pourront continuer à ce rythme. Quant aux autres gestionnaires, ils osent enfin dire au PDG que le « nouveau » directeur général a tendance à se placer au-dessus de tous et de tout. Il leur fait bien sentir qu’il détient la vérité.

Du reste, le directeur général éprouve de la difficulté à dire un simple « bonjour! » en arrivant le matin, tout à son plan de croissance de l’entreprise. Pourtant, ce même homme est un orateur hors pair lors des présentations à l’équipe de gestion. Il sait se montrer convaincant en groupe. Cependant, il n’a pas pris le temps d’être à l’écoute de ce qui se passe autour de lui. Par conséquent, les employés ne se sentent pas responsables de la réussite du nouveau plan.

Lors d’une rencontre douloureuse de « feed-back »  le pdg lui fait bien comprendre qu’il ne pourra pas le soutenir encore longtemps envers et contre tous au sein de l’organisation. Pour réussir, il faut que d’autres s’approprient le plan, que ce plan devienne même le leur, fait valoir le pdg. Il y a là un travail à faire. Pour le soutenir dans sa démarche, le pdg décide de lui offrir un coach qui travaillera avec lui sur une base individuelle.

 

LA SOLUTION

Le plan d’intervention

Gestionnaire brillant, il doit se mettre à l’écoute de ses employés et apprendre à mieux communiquer.

Il faut aider le directeur général à voir ce qu’il ne voit pas… car il croit normal que les employés — y compris les autres gestionnaires — grincent des dents  ! À son avis, toute l’organisation est installée trop confortablement dans ses résultats et son arrivée bouscule tout. Il croit fermement que les individus aux prises avec des situations semblables critiquent et résistent aux changements pour finalement s’y conformer. En outre, il est persuadé d’être la cible des critiques des autres, tout simplement parce qu’il est l’instigateur de tous ces changements.

Un James Bond modéré?

Sa déception la plus grande ? Avoir perdu momentanément la confiance du président. Par ailleurs, il est persuadé que le pdg aurait dû mieux le protéger dans les circonstances. Il semble conscient des risques que représente le fait d’être un agent de changement et, tout comme « James Bond », il sait que le danger fait partie de sa mission. Toutefois, se faire « descendre » en début de mission est pour lui inacceptable et il se sent trahi. Pourra-t-il continuer à travailler dans une atmosphère où la confiance mutuelle est ébranlée ?, se demande-t-il.

Comme coach, je dois l’aider à identifier des pistes de réflexion pour élargir sa prise de conscience quant à son comportement.

Examinons quelques questions. Quelles sont ses motivations profondes à se jeter corps et âme dans ses projets au point d’en oublier de gérer ses relations avec autrui ? En quoi le manque d’écoute est-il préjudiciable pour les individus qui entourent le gestionnaire si ce dernier ne pratique pas l’écoute active ?

De façon générale, les gestionnaires pensent qu’ils écoutent bien puisqu’ils sont silencieux… Mais combien sont conscients qu’ils écoutent avec un filtre  ? « Tel employé en met beaucoup pour m’impressionn er. Je vais faire la part des choses », se dit l’un. « Tel employé se plaint tout le temps… pourquoi serait-ce plus vrai cette fois-ci ? », se dit un autre.

Il faut changer le filtre de place et tout écouter ; prêter attention aussi bien à la vérité qu’à ce que l’on soupçonne être de la frime. Souvent notre qualité d’écoute change selon la personne que l’on a devant soi et selon la crédibilité que nous lui prêtons. Il faut pratiquer l’écoute active. Il faut s’arrêter quand on écoute… et ne pas prêter seulement une oreille distraite, tout en déplaçant des papiers sur son bureau ! Il faut être habité par un désir de comprendre l’autre. Cette attitude nous amènera à poser des questions ouvertes qui permettent à l’autre d’approfondir ses réponses.

Le directeur général a également pris conscience d’un autre élément important : bien que ce ne soit pas là ce qu’il souhaitait, il s’est avéré qu’il était contrôlant. Il a donc dû apprendre à être un gestionnaire en contrôle sans être un gestionnaire contrôlant et à

comprendre la différence entre les deux. Cette prise de conscience devient un enjeu majeur.

Il est important aussi de solliciter du « feed-back » et d’en donner. Lorsque nous faisons un faux pas, le fait de le reconnaître et, parfois, de présenter des excuses peut avoir un impact très positif : les gestionnaires sous-estiment cela. Cette attitude qui consiste à reconnaître que l’on fait fausse route peut contribuer à prendre conscience de ses faiblesses et à vouloir agir pour en diminuer la portée.

Deux types de pouvoir

Il faut comprendre que le pouvoir formel dont jouit un gestionnaire, le titre qui l’accompagne et les responsabilités qui lui incombent lui confèrent un statut, une place dans l’organigramme de l’entreprise. Toutefois, c’est le pouvoir informel qui permet d’influencer, de rallier l’ensemble des joueurs dans une organisation et d’accomplir de grands projets.

Dans la mise en place d’un plan de croissance majeure, les relations interpersonnelles exploitées avec l’intelligence du cœur, l’écoute active, la communication améliorée et le fait de déléguer et de susciter la participation, sont autant de paramètres importants qu’un gestionnaire doit respecter… s’il veut que son plan soit un succès. Et pourtant ce sont là des éléments qui semblent aller de soi.

Tout au long de l’année où j’ai coaché ce directeur général, à raison d’une fois aux deux à trois semaines, il a appris à mieux se connaître et à comprendre la façon dont il fonctionne. C’est un exercice intense où lui –et son organisation– en sont maintenant sortis gagnants.
 

Suzanne Chapdelaine

Suzanne Chapdelaine possède plus de 25 ans d’expérience dans le domaine de la gestion de carrière. Au cours des dix dernières années, elle s’est spécialisée en coaching de cadres de niveau supérieur. Cofondatrice de la première firme nationale à s’être spécialisée en coaching individuel, elle a par la suite fondé sa propre société. Elle se distingue par son excellente connaissance des structures d’entreprises et des enjeux stratégiques auxquels les gestionnaires font face. Auparavant, Mme Chapdelaine a occupé des postes de direction dans des entreprises de tailles et de cultures différentes. Depuis 1983, Suzanne Chapdelaine est membre de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et relations industrielles agréés du Québec, et depuis 1994, elle est certifiée par l’Institute of Career Certification (ICC International). Elle est accréditée coach professionnel par l’International Coach Federation. Elle est aussi diplômée de l’Université du Québec en éducation. www.chapdelainecoaching.com

 
 

LA Mission Éditoriale de QuÉbec inc

Québec inc propose aux entrepreneurs et aux décideurs un regard critique du monde des affaires moderne par des reportages chocs sur les enjeux difficiles de la conduite d’une entreprise. L’objectif ? Les orienter rapidement dans la prise de décision pour mieux assurer leur croissance!

 
Le Journal de l'assurance
FlashFinance.ca
Carrières, le Centre d'emploi de l’industrie
Le Congrès de l'assurance et de l'investissement